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Alors que Facebook a annoncé son intention de lancer une version d'Instagram réservée aux jeunes de moins de 13 ans, les professionnels des droits de l'enfant s'inquiètent des effets sur leur développement et leur santé mentale.

Les réseaux sociaux peuvent être dangereux pour le développement des enfants. Pour pallier ce problème, Instagram - propriété de Facebook - a eu une idée: créer une plateforme Instagram réservée aux jeunes de moins de 13 ans. En effet, c'est l'âge limite pour pouvoir s'inscrire sur le réseau social pour partager des photos et des vidéos. Mais cela ne convainc pas les défenseurs des droits des enfants. Une coalition internationale de professionnels du secteur a envoyé une lettre au PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, jeudi 15 avril, lui demandant d'abandonner son projet.

Les signataires de cette lettre, membres de la Campaign for a commercial-free childhood (Campagne pour une enfance sans publicité, en français) reprochent notamment à Facebook de vouloir se concentrer sur les enfants pour intensifier «la collecte de précieuses données familiales». Cela permettrait, selon eux, de "retenir une nouvelle génération d'utilisateurs", et serait donc bénéfique pour Facebook. Mais, préviennent-ils, "cela est susceptible d'augmenter l'utilisation d'Instagram par les jeunes enfants qui sont particulièrement vulnérables aux fonctions de manipulation et d'exploitation de la plateforme".

Facebook dit travailler avec des "experts en développement de l'enfant"

La porte-parole du réseau social, Stephanie Otway, a déclaré que le projet Instagram pour les jeunes n'en est qu'à ses débuts. Elle a cependant insisté sur le fait que Facebook consultera «des experts en développement de l'enfant, en sécurité des enfants et en santé mentale, et des défenseurs de la vie privée». De plus, Facebook a ajouté qu'aucune publicité ne sera affichée dans cette nouvelle version d'Instagram.

La pandémie a augmenté le «temps d'écran» des enfants, cloîtrés chez eux en période de confinement. Les sorties sont fortement réduites et les seuls espaces d'évasion semblent être sur tablettes et smartphones chez les enfants. Une étude récente publiée par l'Education Policy Institute et le Prince's Trust montre les effets néfastes que les médias sociaux peuvent avoir sur la santé mentale des adolescents. Par exemple, les chercheurs ont constaté qu'une jeune fille sur trois était mal à l'aise avec son apparence physique à l'âge de 14 ans, et une sur sept à l'école primaire, chiffres en hausse depuis la démocratisation des réseaux sociaux.

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